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Comme un plaie sociale contamment infectée et qui ne cesse de s'ouvrir et de supurer, le racisme déverse à nouveau son pus sur l'actualité. En fidèle anti-corps les divers groupements et associations anti-racistes partent une fois encore en guerre, et chacun de s'étonner et de se révolter qu'on puisse encore aujourd'hui, à notre époque, être animé de pensées et sentiments racistes et même les traduire en actes. Mais en fait le racisme ne peut être que de notre époque. La haine et la guerre ont toujours partagé les hommes mais avant ils se combattaient, s'anéantissaient ou s'asservissaient mais sans racisme, puisque cette notion n'existait pas encore. On devient raciste précisément quand on est frustré de ne plus pouvoir asservir ou même massacrer ceux que nous n'aimons pas. Auparavant quand deux hommes se combattaient, ils ressemblaient à deux chiens qui s'imposaient la loi du plus fort. Aujourd'hui les chiens se battent encore mais on voit difficilement un berger allemand faire du racisme anti-pékinois. Le racisme est donc la manifestation intellectuelle d'une haine ou d'une agressivité typiquement humaines qui ne peuvent se manifester librement. D'ailleurs le plus grand racisme se manifeste toujours verbalement et intellectuellement et montre bien comment l'homme est avant tout criminel dans ses pensées avant de l'être dans ses actes. A l'heure actuelle, on vit avec le racisme, mais le fait d'en parler autant montre le malaise que chaque homme un peu civilisé ressent au fond de lui-même, cet état de chose étant révélateur de sa propre intolérance. Aux Etats-Unis, par exemple, un journaliste enquêtant sur un vol de la NASA annonce tout fièrement: "Ici on a dépassé le racisme, puisque le premier astronaute de couleur noire va partir en expédition". Le dit astronaute a donc très justement fait remarquer que ce commentaire démontrait que le racisme n'était pas dépassé. Nous viendrait-il à l'esprit de dire que pour la première fois un astronaute aux yeux bleus ou de 1m83 ou ayant les pieds plats, part pour l'espace? Sans doute non, car cela n'a pas un caractère d'originalité. Souvent les remarques anti-racistes le sont encore dans leurs sous-entendus. Comme ce maître d'école qui en avait assez de voir les enfants noirs et blancs se chamailler et qui, un jour, leut dit: "Ca suffit! Il n'y a plus de blancs, il n'y a plus de noirs, nous sommes tous bleus. Maintenant rentrez sagement en classe, les bleus clairs devant, les bleus foncés derrière."
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