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En fait, le racisme n'est que la forme la plus voyante, la plus ouverte de l'intolérance, la petite pointe d'un iceberg visible aux yeux de tous. Le racisme choque par l'évidence de la discrimination qu'il opère, basée sur ce qu'il y a de plus extérieur et superficiel chez un individu. Il devrait beaucoup plus inspirer le dédain que la révolte, car avec la dernière nous finissons par faire du racisme anti-racisme qui nous paraît bien sûr de bon droit et tout à fait justifié, mais qui ne l'est peut-être pas plus que les "bonnes" raisons que se donnent les individus sectaires et élitistes. Pour insister sur
le grotesque du racisme et sur la débilité des raisonnements
qui s'efforcent de le justifier, je mentionnerai l'histoire de cet antisémite
qui dit à un juif: En fait, c'est l'intolérance sous toutes ses formes dont il faudrait peut-être étudier l'origine afin de mieux la contrer, car il en existe une multitude qui rongent tant notre vie sociale que familiale et personnelle. Les uns ne tolèrent pas les étrangers, les autres ne supportent pas les artistes, d'autres encore ne peuvent sentir les intellectuels, les parvenus, les rousses, les patrons, les manuels, les fumeurs, les militaires, les enfants, les adeptes de tel parti, avec mention spéciale pour ceux qui ne tolèrent pas les gens intolérants! Chacun trouve ainsi son bouc émissaire pour le charger des maux de la terre dans l'attente d'un bon sacrifice expiatoire. Pour comble même parmi ceux qui prêchent l'universalité, la conscience planétaire, l'unité mondiale, la synthèse religieuse, on constate souvent que leur esprit universel ne tolère que leur version de l'universalité et que la convergence mondiale doit se faire autour d'eux comme ils l'entendent. Bref, on est tous universels mais chacun pour soi et à sa manière! Souvent même l'intolérance est cultivée dans beaucoup de milieux où l'on encourage les sentiments négatifs à l'égard d'autrui: telle entreprise monte ses employés contre la concurrence, telle équipe de foot joue aux fléchettes avec les photos de l'équipe adverse, telle école méprise telle autre, et ainsi de suite de niveau en niveau et de structure en structure. L'intolérance est utilisée comme moteur d'une compétitivité et d'une concirrence sans merci qui n'ont rien à voir avec la stimulation réciproque et sainement dynamisante qui résulte d'une véritable compétition avec respect de l'adversaire. Guillaume le Conquérant disait qu' "à vaincre sans péril on triomphe sans gloire". Je rajouterai qu'une victoire sans noblesse est pire qu'une défaite. L'intolérance et le racisme sont largement entretenus au niveau social, quelles que soient les bonnes paroles prononcées publiquement avec les airs les mieux intentionnés, et c'est cela qui est lamentable. On fait un scandale du racisme, mais c'est la base même des relations humaines qui est à reconsidérer entre individus de tous âges, classes sociales, nationalités, tempéraments, aptitudes générales et autres caractéristiques. Apprenons à apprécier et valoriser les différences, sources fondamentales d'échanges entre les êtres et d'enrichissement mutuel. Une société où tous les êtres seraient en tous points semblables, penseraient, vivraient, aimeraient les mêmes choses, serait morte car entropique. Et puis, puisque nous approchons de la fête des mères, que les mamans d'une couleur aillent parler de leurs enfants aux mamans d'une autre couleur, elles verront que l'amour qu'elles portent à leur progéniture n'est pas tellement différent l'un de l'autre.
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