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LE CHOIX DE LA CONSCIENCE ! (suite) Il faut ajouter à ces données humaines l'impact négatif pour l'environnement de ces cultures intensives pratiquées à grands renforts d'engrais et de pesticides, ainsi que la déforestation massive qu'elles exigent, rapidement suivie de désertification. Entre 1964 et 1979 les forêts de Thaïlande, par exemple, sont passées de 53 % de la surface du pays à 38 % ; "la végétation naturelle ne peut plus régulariser la pluviométrie, la terre est érodée par la pluie et le vent", dit R. Nègre, "alors on défréchie plus loin pour poursuivre les cultures". Sur le plan écologique, la concentration d'élevage de porcs en France, notamment en Bretagne, entraîne une production considérable de lisier répandu en excès sur les prairies qui ne peuvent plus le transformer : les nappes phréatiques se surchargent de nitrates et d'ions ammonium au point que dans les départements du Nord la majorité des nappes d'eau servant à l'alimentation humaine titraient entre 50 et 90 mg/l de nitrates en 1986, alors que le maximum toléré est de 50 mg. Cette pollution touche également la mer, portant atteinte à des zones de myticulture et d'ostréiculture : des proliférations spectaculaires et nuisibles d'algues, comme en 1987-88, en ont plusieurs fois résulté. Elle affecte même la couche d'ozone, en raison des quantités significatives de méthane qui se dégagent de ces lisiers (les CFC qui vont être interdits pourraient signifier Chair Fréquemment Consommée). La production de boeuf industriel a également d'autres conséquences liées à la grande consommation de farine de poisson qu'elle nécessite, dont 60 % sont importés du Chili, du Pérou, de l'Equateur et de Thaïlande. Le Chilien et le Péruvien moyens mangent 6 kg de poisson par an, contre 33 pour l'occidental ; 48 000 enfants au Chili et 90 000 au Pérou sont morts directement ou indirectement de faim chaque année entre 1980 et 1985. Certes, il n'y a pas de lien direct entre ces exportations de farine de poisson et la mortalité infantile, mais il n'en demeure pas moins vrai que si la production maritime était utilisée sur place, elle pourrait contribuer à combler les carences protéiques caractéristiques de larges couches sociales de ces pays. Par l'inconscience de nos choix alimentaires orientés vers la satisfaction de goûts de luxe qui, de surcroît, sont préjudiciables à notre propre santé, les consommateurs occidentaux que nous sommes, carnivores en tête, contribuent à priver d'une nourriture de base (céréales et poisson) des centaines de millions d'habitants de pays en voie de développement dont les ressources naturelles sont pillées sans vergogne. Alors que se multiplient dans les pays riches les pathologies liées à une consommation excessive et tératogène de produits carnés -cancers, troubles cardio-vasculaires, athérorosclérose, etc- de nombreux médecins et diététiciens soudoyés par les lobby de l'industrie carnée continuent de leurrer le public, y compris le lectorat de revues qui s'affichent "santé", en lui vantant les prétendus mérites de la viande et en insistant sur sa soi-disant nécessité nutritionnelle ; encouragés dans leurs excès par ces mensonges, les consommateurs ajoutent surconsommation à mauvaise alimentation, excès quantitatif à insuffisance qualitative. Au bout du compte, le seul équilibre naturel qui se maintienne dans une telle situation est le fait que l'occident crève de son inconscience alimentaire, mangeant des animaux élevés à grands renforts de médicaments (lysine, stéroïdes, anabolisants, compléments alimentaires synthétiques, antibiotiques) et nourris avec des aliments traités chimiquement et de moins en moins adaptés à leur constitution et à leurs besoins physiologiques. Le plus comique, si l'on peut dire, est que l'on continue à espérer en la recherche médicale pour pallier nos débilités nutritionnelles. Si nous voulons donner un minimum de cohérence à notre existence en fonction d'idéaux d'entraide humanitaire, d'écologie et de vie saine auxquels nous prétendons adhérer, l'impératif de choix qui concrétiseront dans les actes nos réelles convictions s'impose. Aide humanitaire, soutien au développement ou viande ; respect de la nature et des animaux, préservation des espèces ou viande ; alimentation saine, prise en charge de sa santé, valorisation des producteurs de produits naturels, ou viande. Quant aux écolos pour la forme, partisans de "ménager la chèvre et le chou", un peu de bon sens leur montrera qu'à ce jeu-là c'est toujours la chèvre qui finit par manger le chou.
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